blog-image

L'Union : À Épernay, les commerces tournent au ralenti

 

Après la période de confinement, les commerçants Sparnaciens doivent désormais encaisser la déception d’une reprise en demi-teinte.

 

L’enthousiasme de la reprise n’a pas effacé l’incertitude chronique dans laquelle sont plongés les commerçants Spanarciens depuis le mois de mars. Surtout pour ceux qui ont fraîchement ouvert leurs portes. Depuis le déconfinement au bar des Archers, son gérant Franck Haussevie « travaille de 7 h 30 à 22 heures, soit 100 heures par se­maine pour s’en sortir ». Son senti­ment. « c’est que comme personne ne ferme, il y a plus de bars pour moins de clients ».

 

15, c’est le nombre de semaines pen­dant lesquelles les bars et restau­rants ont été contraints de baisser le rideau, confinement oblige. Ils ont pu livrer et organiser des retraits de commandes, mais n’étaient en re­vanche pas autorisés à accueillir du public.

 

La quiétude de la place Stasi, en plein centre-ville, contraste avec la circulation avoisinante. Et pour­tant. les commerçants aux alen­tours rêvent aujourd’hui d’agita­tion. Le Pastier, magasin de pâtes artisanales, a ouvert le 2 mars, deux semaines seulement avant le confinement. Mais son fondateur Franck-David Depermentier n’a pas fermé boutique, privilégiant les plats à emporter et livraisons à domicile jusqu’à la réouverture au public. « C’était aussi l’occasion pour tous de se réinventer ». Faute d’activité, il avait dû se séparer de son employé en période d’essai. Bonne nouvelle depuis vendredi, il est de retour à ses côtés huit heures par semaine. Mais pour combien de temps? Le fabricant de pâtes l’affirme, « la saison esti­vale est morte ».

 

Le même sentiment prédomine chez son voisin. l’Atelier de dégustation, qui s’est installé sur la place l’été dernier. Le commerce arbore depuis peu une nouvelle terrasse, mais les tables restent vides. « Les moyens mis en place par la com­mune sont conséquents, surtout pour une ville de cette taille », assure néanmoins son gérant. Moustapha Karim. qui revêt cette fois-ci sa casquette d’adjoint au commerce à la mairie d’Épernay.

 

SALE TEMPS POUR LES BARS A CHAMPAGNE

 

Quelques rues plus loin, au bar Le Parisien, Olivier Gambardella évoque la reprise avec un opti­misme déconcertant. « On est confiant, la réouverture a été pro­metteuse ». Il a repris l’établisse­ment en début d’année, le confine­ment a été l’occasion de peaufiner les travaux en cours. « Notre clien­tèle est presque exclusivement locale ». l’absence des touristes étrangers n’est donc, pour lui, pas un souci.

 

Pour les bars à champagne en re­vanche, sans la manne étrangère, c’est la Bérézina ! À l‘Atypique, Jean-Noël et Christine Charton se sont lancés le 10 mars dernier. « On doit payer deux mois de loyer, alors qu’on a eu cinq jours d’activité ». Le couple a tout abandonné pour re­prendre à leur compte le bar à champagne rue Flodoard, mais le secteur peine à redémarrer, « Pour l’instant, on a aucune aide de l’état ». déplorent avec amertume les jeunes propriétaires qui ap­pellent les Sparnaciens à investir les commerces sinistrés. Le risque d’une seconde vague à l’automne prochain ? Christine Charton n’ose même pas y penser. « pour nous, ce serait fatal », Malgré une ténacité forgée dans l’épreuve, la gérante se sent aujourd’hui abandonnée. Un dernier espoir toutefois pour le couple: un nouveau geste de la Mairie en direction des commer­çants du centre-ville. Le conseil municipal, ce lundi 29 juin, devrait peut-être apporter les réponses attendues.

 

LA MAIRIE VEUT SOUTENIR LE COMMERCE LOCAL

 

Avec la récente mise en place des Sparnachèques, la Mairie souhaite relancer l’économie locale. Les bons d’achats d’une valeur de 25 euros à dépenser dans les boutiques participantes seront vendus 20 euros dans les commerces et au bureau des Vitrines d’Épemay La Mairie se charge d’en financer 5 euros et étend sa participation jusqu’à 100 000 euros. Une partie de la prime touchée par les agents des services de la Ville sera par ailleurs versée en Sparnachèque, soit 27 000 euros distribués.

 

Plus intéressant cette fois-ci pour les bars et restaurants, le conseil municipal a voté à l’unanimité l’exonération des taxes sur les terrasses pendant la période du confinement. Les commerçants espèrent désormais que la mesure sera étendue jusqu’à la fin de l’année. Mais l’inquiétude subsiste autour des autres charges, notamment les loyers et taxes foncières dont doivent encore s’acquitter les gérants de commerces. Certains avancent également l’idée d’une gratuité des places de parking en centre-ville pour permettre l’afflux des touristes. D’autres évoquent une piétonisation partielle des rues pour permettre l’installation de terrasses éphémères. Autant de questions auxquelles devrait répondre ce lundi 29 juin le conseil municipal, retransmis en direct sur la chaîne Youtube de la ville à 18h30.

 

Source Journal L’Union : CELESTINE GENTILHOMME